D’Aléa Jacta à la soustraction, il fallait un chiffre pour résumer le trip…

Namaste !

Mercredi 30 Janvier 2019

Jour de déménagement, le 36ème, Kumbakonam/Swamimalai.

Fatche d’itinéraire ! J’en ai vu et croisé des killers sur routes mais la, je crois que ce fut le pompom pé deup !

Le trajet en lui même depuis Thanjavur n’était pas difficile, en revanche, les chauffards de bus donnaient une autre dimension de dangerosité jamais rencontré jusqu’ici, surtout en agglomération. J’ai bien failli me faire alpaguer en prenant quelques photos.

2hr pour faire 40kms et me poser à l’hôtel Namascar pour 700 roupies, suffisant pour une nuit dans le village de Swamimalai à quelques kilomètres de Kumbakonam que je connais déjà.

Journée marathon.

J’enchaîne avec les visites du jour, direction le temple de Darasuram à quelques encablures.

« Grand temple à l’intérieur d’une large enceinte organisée en colonnade. La volée de marche à tête d’éléphants qui permet d’accéder au mandapa, évoque un chariot. Il protège l’accès au sanctuaire et se compose de plus de 100 piliers admirablement sculptés. Au coeur du sanctuaire, le traditionnel Lingam… »

Entrée gratuite car le temple est en activité.

Pour le coup, le bouquin n’évoque pas les chwals qui tirent le chariot, le symbole du temple.

Il y a deux prêtres à l’intérieur du sanctuaire, je me demande si l’un d’entre eux en est vraiment un ? J’esquiverai sa proposition de le rejoindre, reniflant à plein nez un comportement vénal, pendant qu’une autre touriste blanche bec acceptera.

Le coup du folklore religieux marche à tous les coups pour le profane et à la fin, il faut laisser l’offrande….Tu comprends le coup ? On fait ce qu’on peut pour gagner sa vie et quand il faut bosser, on ne lâche pas l’opportunité se trouvant encore dans le temple.

Une fois qu’il aura eu son du avec l’ américaine, il viendra carrément à ma rencontre pour me gratter !

« Shiva, le temple, bla bla bla, il faut entretenir, tu peux donner ce que tu veux »…..

  • Allez, tu payeras un chai à Shiva de ma part, 20 roupies, ça ira comme ça.

L’autre étant le prêtre, le vrai, celui qui béni les croyants dans le sanctuaire, m’autorisa le shoot.

Très belle ensemble avec très très très peu de monde inside, une vraie régale.

Juste à côté, il y a son petit frère beaucoup plus simple et moins ornementé, je ne ferai qu’y passer.

Avant de quitter le lieu, il me faudra fouiner pour trouver l’accès donnant sur le point de vue ci dessous, la grande porte originelle de l’ensemble religieux, aujourd’hui laissée en l’état. Pourtant, elle mériterait largement une mise en valeur.

J’enchaîne avec la deuxième grosse visite du jour qui se situe à 40 bornes, direction Gongaikondacholapuram…..ouf !

« Dans ce village qu’on gagne par une route champêtre, on découvre un temple vraiment digne de faire le détour si vous êtes véhiculé…

Le Sri Pragadheswarar temple, dédié à Shiva, important par la taille, très peu visité par les touristes étrangers. Ils ont bien tort ! l’Unesco l’a classé sur la liste du patrimoine mondial comme l’un des plus grands temples vivants Chola…Edifié au XIe, son architecture pyramidale se révèle particulièrement harmonieuse…. »

Putain cong, d’emblée, lorsque j’arrive sur place, je sais déjà que le lieu est blindé de classes scolaires. Mon fan club m’y attendait avec selfie du blanc bec à l’appui. J’en profiterai pour en faire de même car pour une fois que j’arrive a shooter des gamines en tenu d’étudiante, fallait pas manquer l’occaz.

      

Visite gratuite à pieds nus comme le veut l’usage car en activité.

Ce lieu magnifique n’est pas une découverte puisqu’il eu fut l’objet d’une halte lorsque je m’organisa ma première boucle “on two wheelers” en 2012, je faisais alors mes armes en terme d’organisation de road trip. (Photo du destrier de l’époque devant l’ancienne entrée, depuis, réaménagée)

 

En début d’après midi, me voila de retour au village qui m’héberge.

Si tu te souviens sur le précédent carnet, le palace et sa collection de statue en bronze ? C’est d’ici qu’elles furent produites. Artisanat ancestral qui perdure.

« Un petit village tranquillement lové autour de son temple. Plusieurs ateliers dont certains ouvrent leurs portes à la visite. Essayez d’en visiter au moins un, ce sera l’occasion de comprendre les différentes étapes… »

Je n’ai pu observer que le travail de façonerie à la main. Ca tapote au fur et à mesure que l’oeil aguéri de l’ouvrier arrive au rendu qu’il estime bon. J’aurais voulu remporter un souvenir mais il n’avait pas la pièce que je cherchais « on peut te la faire en deux trois jours si tu veux » …

Pour terminer, un autre temple, celui de ma rue, à l’heure ou les croyants s’activent pour aller prier.

Jeudi 31 Janvier 2019

Jour de déménagement, le 37ème, Chidambaran.

Comme d’hab, je trace  de bonne heure en direction de l’étape qui m’accueillera pour la nuitée a venir. Au cours du trajet, un symbole me saute aux yeux, je viens de passer les 10000 kilomètres depuis New Delhi !

Ici le riz que l’on jette en l’air afin de faire s’envoler les impuretés. (Obligé de faire demi tour quand j’ai vu le geste du gars avec sa pèle)

Enfin j’arrive à destination finale quelques 3 heures hrs plus tard et 65 kilomètres. J’ai pas mal galéré pour choper un hôtel avec wifi auquel il faudra raquer pour l’obtenir à l’hôtel Saradha Ram, juste en face de la gare routière. 1300 roupies avec petit dej.

Sinon, kékivient  faire ici le zeb ? Visiter un temple pardi….

Encore un temple ? Bah ouais 😛 .

En même temps, vu que je ne suis pas à New York, Stockolm ou encore Johanesbourg, il est de bon ton de profiter de la culture locale sinon, quel intérêt d’y rester pendant trois mois ?

En revanche, vu que j’ai l’avantage de les connaître quasiment tous sur cette partie d’itinéraire, je sélectionne ce qui m’intéresse comme par exemple celui de Chidambaran ou je n’y rentrerai qu’en fin de journée.

Je t’avoue que si je n’avais pas eu ce foutu timing avec le visa, c’est une étape que j’aurai complètement zappé…d’autant qu’il n y a rien d’autre de culturel dans cette ville grouillante. Alors du coup, après l’installation je filerai à la campagne, vers la mer, à travers champs de riz ou les vaches sont très bien nourris…

  

Une mosquée, comme il en existe tant d’autre dans ce pays multi-religieux.

 

Ah ! La gare, les tchouchous…un univers que j’aime bien aussi avec celui du maritime.

Arrive enfin l’heure de me diriger vers le fameux temple de Chidambaran

A part le sanctuaire central, il n’est pas utile de pénétrer dans les autres sanctuaires. A l’entrée, un prêtre vous présente un livre d’or sur lequel sont inscrits les dons des touristes précédents (100,200, 500 rps), dans la marge et non directement sur le cahier….les sommes ont étés inscrites par eux mêmes ou, au mieux, ils ont gonflé les chiffres. 10, 20 roupies font parfaitement l’affaire….Temple gigantesque, fermé par une haute enceinte composé de nombreux gopurams disposés autour d’un sanctuaire principal. Un très beau bassin sacré, l’un des plus grands de l’Inde du sud…”

Tieng, c’est exactement ce que j’expliquais plus haut sur l’esprit vénal…

L’arnaque des prêtres, j’avais suivi à la lettre les conseils du guide. Par contre j’ai gardé un excellent souvenir de l’ambiance autour du bassin et c’est donc pour lui que j’y revieng.

Sur l’arrière de celui ci, le mur d’enceinte du sanctuaire, des gensgens y viennent pour passer un peu de temps au calme, alors que plus bas, certains croyants, saddhus, prêtres y viennent pour se purifier.

Ce n’était pas la grande affluence ce jour la et le moment passé dans la quiétude fut très appréciable avant de retrouver la cohue du centre ville puis le toit de mon hôtel.

Vendredi 01 Février 2019

Jour de déménagement, le 38ème, Pondichery.

Les trajets les plus importants sont désormais finis depuis Tanjour, celui de ce matin ne représente que 70 Kms, alors comme la veille, je prends mon temps pour trouver des sujets de shoot…

Ce ne sera pas vraiment prolifique jusqu’à ce que j’arrive aux portes du territoire de Pondichery en fin de matinée. Pour ton info, la fédération Indienne est composée d’Etat et de Territoire, comme New Delhi ou encore Pondy.

Il me faudra une 20 aines de kilo supplémentaires pour atteindre le cœur de la cité puis l’ancien quartier Français.

Je descendrai chez Villa Umar, petite guesthouse familiale, très bon accueil, 800 roupies la chambre.

Vendredi & Samedi 02 Février 2019

Un peu d’histoire !

« Une sous préfecture Française des tropiques, avec son cours chabrol, l’architecture de ses maisons, son monument aux morts de la guerre de 14-18, son lycée Français, ses rues Romain Rolland, Suffren, Dumas…on s’y croirait presque ….Pondichery devint le siège indien de la compagnie française des Indes orientales, crées par Colbert en 1654, avec Lorient pour port d’attache. La présence française se prolongea jusqu’au 1er novembre 1954…. dans ce minuscule territoire, la France n’a laissé que de bons souvenirs et la décolonisation s’est effectuée sans haine ni violence…L’ashram de Sri Aurobindo et Auroville, la cité expérimentale fondée en 1968 ont grandement contribué à populariser le nom de cette ville en Occident…. »

Comme je l’ai expliqué précédemment, c’est d’ici que je me suis organisé mes toutes premières expériences autonomes en deux roues, au « petit cours » qui en emmenèrent bien d’autres au « long cours ». Je pense au Sri Lanka, l’Indonésie, l’Inde (encore), le Vietnam etc…

Excepté le côté touristique de la ville, je ne suis pas vraiment ici pour jouer le paparazzi mais plutôt en quête de renseignements concernant le scooter. Que je t’explique.

La fin du voyage approchant à grand pas, il va falloir que je m’en sépare. Au départ, j’avais pensé en faire don alors pour ce faire, j’ai eu l’idée de contacter le proviseur du lycée français de Pondichery quelques semaines plus tôt. Je lui demandais s’il pouvait trouver une personne dans son entourage professionnel ou autre qui serait susceptible d’en avoir besoin ? Il a trouvé ma démarche sympathique et puis…..et puis c’est tout ! Je n’ai plus eu de réponses.

Finalement, même si mon intention était noble, elle n’aurait pu se concrétiser simplement parce que le scoot est immatriculé à New Delhi.

Un cadeau empoisonné. 

En Inde, il faut aller voir l’administration qui à émis la carte grise pour faire changer le nom du propriétaire. Dans le cas du chameau, il faut remonter à la capitale, à l’autre bout du pays. Les distances étant ce qu’elles sont sur ce continent, cela engendre forcément des couts de transport, avion, bus ou train auquel il faut rajouter les frais de changement.

C’est ce que me raconteront quelques loueurs de scoot lorsque je me suis mis en quête le vendre. Ils auraient pu être intéressés mais en voyant ma plaque d’immat, furent totalement réticents.

Mais est ce vraiment nécessaire de faire changer les papiers ?

Apparemment oui car autant la police laisse tranquille les occidentaux autant elle est très pointilleuse avec l’usager local sur ce point. C’est vrai qu’après plus de deux mois de routes, je n’ai jamais été contrôlé par les F.D.O.

J’arriverai tout de même a avoir une offre d’achat aux ras des pâquerettes d’un garage. Mon voyage se terminant dans 12 jours, voyons voir si je peux trouver meilleure proposition…à suivre.

Les photos déambulatoires.

Ici le temple en arrière plan, il y a un éléphant qui béni les croyants. A l’extérieur, on y vient pour faire bénir son véhicule par le prêtre.

« La baie des anges » dans le quartier Franchich, avec le monument aux morts, un mémorial à Gandhi…

Des que tu sors du vieux quartier ou il règne un calme apaisant, vient les rues actives de la ville qui compte quand même plus du million d’habitants ! Et la, bah c’est l’Inde dans toute sa puissance circulatoire anarchique.

Plus loin, environ 15 kms, la citée expérimentale d’Auroville.

« est un lieu ou se vit une expérience. Une manière pour une communauté humaine de vivre ensemble différemment. Mise a part le Matrimandir, qui est le lieu de méditation, il n’y a rien a voir… »

Si tu en veux plus, tu clik la ho !

Ici le Matrimandir, une espèce de dôme dont le parc attenant ce visite. Je n’ai pas pris la peine d’y rentrer, il aurait fallu marcher un peu trop et comme je n’ai pas penser a prendre ma canne…la photo est prise depuis un portail.

L’endroit est toujours aussi strange, il y a diverses chemins de terre avec des panneaux de direction indiquant, soit l’école, un quartier, le Matrimandir…le tout sur un territoire luxuriant en végétation. J’y croiserai toujours autant des gensgens ayant vécu, me faisant penser aux hyppies…

Comme le dit mon guide papier, il faudrait y faire un séjour pour comprendre un peu mieux les usuelles.

La, du producteur au consommateur. Un régal qui restera sagement dans mon barda jusqu’au retour en Provence.

Pour terminer ce petit séjour à Pondy, il y eu un espèce de rally de vielles autos & motos. Très belle collection hétéroclite exposée le soir venu sur la baie des anges.

Et puis, les pompiers. Je m’y arrête pour shooter l’enseigne encore en Français, je n’avais pas remarqué cela 7 ans plus tôt. En revanche, ce fut l’occasion de discuter avec l’un des locataires sur le devant. Il avait l’envi d’essayer de discuter en Français avec ses bases lointaines apprisent à l’alliance Française lorsqu’il était jeune.

(Edit le 08 Mars : je reprends l’écriture de cet article après plus de 3 semaines d’interruption. Le 13 Février j’ai du quitter le pays en raison du visa qui ne me laissait pas le choix. Il y a 5 ans, j’aurais pu y rester six mois de rang, ce n’est plus le cas puisqu’ils imposent une sortie de territoire au bout de 3 mois. Bref, ainsi va la vie du backpaker qui reprit le chemin des airs pour d’autre cieux tout autant appréciables, trois mois d’absence c’est long 🙂 )

Dimanche 03 Février 2019

Jour de déménagement, 39ème étapes, Mamallapuram.

Avant de quitter Pondy de bon matin, une bonne paire de claque dans ton gueule venue du trottoir, à côté de la cathédrale du vieux quartier. Elle était jolie avec ses grands yeux ouverts, son signe de la main que je n’ai pu capter. Pleine d’innocence, ne se doutant pas encore de ce que cette vie lui annonce ou si peu…

   

Quelques heures plus tard, je me présente dans ce petit village de pêcheur déja inscrit à mon tableau des visites. J’avais envie d’y revenir pour son site culturel tellement atypique.

Je descendrai chez Vinadhora guest house, 700 roupies la nuit. Très bien situé, au calme, à deux pas de la plage. Le reste de la journée s’occupant a redécouvrir le lieu qui a beaucoup évolué sur son économie.

Lundi 04 Février 2019

A Mamallapuram

Le long d’une agréable plage, un gros village rempli de monuments absolument exceptionnels et originaux. C’est d’ici que la civilisation Pallava rayonna sur Bali, Sumatra et le Cambodge entre le Viè et le VIIIè S…. amoureux des arts, ils firent construire d’importants ensembles de temples, faisant travailler des milliers d’artistes…”

La civilisation d’Angkor Vat et ses temples mondialement connus, au Cambodge, ça te parle ?

Réveillé aux aurores, j’avais l’intention de shooter le soleil levant sur le temple principal ? Que dalle ! Journée grisâtre et j’aurai même droit à quelques épisodes pluvieux durant la matinée.

Le shore temple

C’est l’un des édifices les plus célèbres du sud de l’Inde. Telle une figure de proue face à l’océan….édifié au VIIs..”

Vu son emplacement, il subit de plein fouet la vie maritime avec ses embruns, néanmoins, l’ensemble est toujours vivant grâce à la digue qui le protège. Il paraît qu’en 2004, elle a parfaitement joué son office lors du Tsunami. (Celui qui a décimé Pukhet et le reste…)

L’heure trente ayant passée tranquillement, il sera temps de filer sur la deuxième visite payante compris dans le package (600 roupies), Les five Rathas.

A 1km au sud, cet ensemble de cinq temples à été construit au VI è, chacun est dédié à une divinité du panthéon indien…ce sont les anglais qui retrouvèrent la trace de ce chef d’oeuvre de pierre…cet étonnant groupe a été sculpté d’une seule pièce dans ces énormes blocs de granit qui se trouvaient déjà sur place. Le travail fut donc commencé par le haut…”

La visite passée sur place sera du même acabit que pour le site précédent avec toutefois la chance d’y être seul durant la dernière demi heure, après le passage de touristes indiens et d’une classe scolaire.

Ce jour la, il y avait une cérémonie en fanfare au village, elle me fera comprendre le pourquoi de l’attroupement sur la plage de bon matin.

La discrétion et le respect ne m’autorisant pas a shooter le rituel des croyants demandant la bénédiction des prêtres sur le chariot. Incroyable dévotion toujours autant surprenante.

Plus loin “l’Arjuna Penance ou la vitrine de ce site. Cette fameuse descente du Gange, visible depuis le bord de la route. Il s’agit de la méditation d’Arjuna, qui présente la manière dont le fleuve Gange est descendu sur terre. Shiva est représenté canalisant le fleuve dans ses cheveux pour preserver la terre d’une possible destruction….(OUF, on l’a échappé belle !)

Juste à côté…

Dans l’aprèm, un peu de roulage en dehors du village pour un autre et son temple dans les hauteurs. J’y serais bien monté, un autre défi m’y attendait mais la Maguy ne fut pas du même avis….paraît il que dans un couple, faut faire des concessions ? 😛

    

Mardi 05 Février & Mercredi 06 Février 2019

Jour de déménagement, 40 ème étapes, Kanchipuram.

  

Ah ! Je me souviens de ce matin la ou j’ai était obligé de rouler au pas après seulement 10 kms de roulage jusqu’à ce que je trouve un mécano digne de compétence.

Lors de l’étape d’Halebid, pour te situer c’etait lorsque j’étais malade, l’amortisseur de la fourche me donna quelques signes de faiblesse et après consultation, cela ne posait pas de problème. Un fait en soit qui n’avait rien d’étonnant vu ce qu’il s’était mangé alors après 23 étapes et autant de nids d’autruches !

Depuis, environ 2000 kms se sont ajoutés et j’ai comme l’impression que ça empiré ? Avec le poids du bagage sur l’arrière, une mauvaise sensation de délestage soutenue ne me donna guère confiance.

Si j’étais maître dans l’art du Wheeling (pilotage sur la roue arrière), pourquoi pas ? Imagine le tableau : Un blanc bec qui fait le tour de l’Inde sur un scooter….sur la roue arrière. Youhou !

Le diagnostique confirmera qu’un changement de ressort serait le bienvenue mais surtout, il fallait simplement resserrer les écroues de la roue…..euh……allez, gaz !

Arrivé sur place, le capharnaum ambiant m’attendait tranquillement. Ce n’est pas l’hôtel que je trouverai plus tard qui m’en soulagera les tympans. A 1000 roupies la nuit, j’ai paumé le nom. M’en fou, j’ai les bouchons d’oreilles ! Na !

C’est la ville des temples, c’était la capitale des rois Pallava du VI au VIII qui indianisèrent le Sud-Est asiatique et l’Indonésie. Ils firent de cette cité un grand centre de tolérance religieux, ils favorisèrent également toutes formes de développement artistique…”

Ici le temple “Ekamareshwara, dédié à Shiva, un superbe gopuram de 60 m vous accueille….” dont je n’y ferai que le tour extérieur. Pour le reste, l’observation environnante eut ma préférence…

Le Kailashanatha temple, construit au VIII è est considéré comme l’un des chefs d’oeuvre de l’inde dravidienne, il fut édifié par les Pallava…”

Le Varadaja Swami, très grand temple avec ses templions mais l’intérêt de celui ci et son Mandapa, c’est en sorte un grand hall couvert et ouvert, soutenu par 96 piliers superbement sculptés illustrant le mahabharat et les écritures saintes…”

Jeudi 07 & Vendredi 08 Février 2019

Jour de déménagement, le 41ème, Thiruvannamalai situé à 170 kilo.

 

Allez, encore une cérémonie inédite pour le zeb, dédiée cette fois à Hanuma, le dieu singe qui me fera une petite danse devant un des rassemblements de pèlerins pour la prise du petit déjeuner. J’imagine que la couleur jaune lui est vouée ?

6 heures plus tard, je me trouve un hôtel en dehors de la ville afin de privilégier de la quiétude, je sature de bruit ! Hôtel ressort Ammayii, 1000 roupies la nuit.

Je n’ai aucune info du guide sur la cité mais je la connais un peu pour y être venu sur les conseils pris entre voyageur en 2012.

Le temple principal y est très beau mais cette fois, les règles ont changé, il faut porter un sari pour cacher le short autrement dit, il faut faire marcher le commerce environnant.

Je te mets quelques photos de l’époque prises à l’intérieur.

Par contre je t’ai trouvé un lien au cas ou tu en voudrais plus sur le lieu, click la ho !  Pour le reste, après l’entretien du scoot, je me contenterai de visiter les alentours.

La montagne qui surplombe la ville est très spirit, elle représente le dieu Shiva selon les croyants hindouistes. Lors d’une cérémonie annuelle, ils doivent en faire le tour (14kms) sur un parcours qui est désormais aménagé confortablement avec trottoir, bitume, toilettes…. Bon nombre de Sadhu sont sur place.

Je rappelle qu’un Sadhu étant un homme de bien, un saint homme . Il est celui qui a renoncé à la société pour se consacrer à l’objectif de une toute vie, selon l’hindouisme, qui est le moksha, la libération de l’illusion, l’arrêt du cycle des renaissances et la dissolution dans le divin, la fusion avec la conscience cosmique. En tant que renonçant, ils coupent tout lien avec leur famille, ne possèdent rien ou peu de choses, s’habillent d’une tunique symbolisant la sainteté. Ils n’ont pas de toit et passent leur vie à se déplacer sur les routes de l’Inde et du Népal, se nourrissant des dons des dévots.”

L’un d’eux interpellera la curiosité de Maguy lorsque celui ci était en train de faire sa sieste, je le reverrai plus tard.

Il ne parlait pas vraiment l’english mais cela ne nous empêchera pas d’échanger avec les mains, le regard et quelques mots. J’en saurai un peu plus sur sa condition qu’il vit depuis 20 ans des suites d’un accident. Sa Maguy lui permet de se déplacer tant bien que mal.

De mes 30 ans de vécu, je n’ai jamais vu un modèle aussi “archaïque”, me rappelant encoce et toujours combien nous sommes chanceux de vivre en occident avec nos avantages.

Il a toute mon admiration et une simple participation dans sa quête.

Samedi 09 & Dimanche 10 Février 2019

Jour de déménagement, le 42ème, retour sur Pondichery.

      

120 kilomètres plus tard, me voila en train de chercher un logement, un jour de week end. Arf, l’erreur, j’aurais du réserver sur internet. Les hôteliers ont la fâcheuse habitude de majorer leurs offres en fin de semaine, passant du simple au triple.

Il faut savoir que la grande ville de Chennai ne se trouvant qu’à 170 kilomètres, les touristes locaux y viennent passer leur week end, en amoureux ou en famille pour les uns et pour les autres, profiter de la détaxe sur l’alcool que le territoire de Pondy favorise. Et c’est ainsi que pas mal de jeunes y viennent pour se bourrer la gueule à moindre coût.

C’est par une rencontre inattendue, qu’un couple de français m’indiquera une guesthouse qui devrait me convenir. Villa Labourdonnais, 700 roupies la nuit, tenue par un retraité français, expatrié depuis belle lurette.

La vente du chameau, l’histoire dans l’histoire….attention, faut suivre !

Me voila de retour sur la ville qui m’accueillait une semaine plus tôt. Si ta mémoire est bonne, tu sais que j’ai tenté la vente du scooter qui s’avéra compliqué et hormis une proposition, je quitta la ville bredouille. 

Ce que je ne t’ai pas raconté est qu’avant de quitter les lieux, j’avais pris les devants en faisant une annonce de vente sur un site d’expatrié.

Celle ci n’aura pas attendu bien longtemps pour trouver un potentiel preneur, puisque je reçu seulement quelques heures après la parution le mail d’un Français vivant à Bengalore.

Durant la semaine nous avons échangé, le deal étant convenu lors de mon retour sur Pondy. La parole des uns n’ayant pas la même signification pour d’autres, à la dernière minute, je reçu des désidératas me demandant de livrer l’engin à 300 bornes ! Allez ah….jacta ! Ouste !

Du plan A au plan B.

Me voici donc au plan B ou j’avais le garage moto à aller voir pour une potentielle négociation ? C’est ce que j’expliquai à mon hôte du jour, de la Villa Labourdonnais.

  • Je suis intéressé ! Qu’il me balancera…oh !

Après que son épouse d’origine indienne ai essayé le chameau par deux fois, nous tombons en accord sur le prix final. Me voila complètement ravi autour d’une binouze bien fraiche proposée par mon hôte. Ce même breuvage dont j’avais décidé d’arrêter la consommation 47 jours plus tôt, se révéla fortement goûtu et appréciable, le bougre. (Dois je préciser que l’arrêt était temporaire ? 😛 )

Sauf que lorsque madame se renseigna auprès d’un interlocuteur privilégié (et gourmand me semble t’il ! ) sur le coût du changement de propriétaire, de l’assurance…. l’affaire tomba à l’eau d’un revers de main….ou plutôt sur un excès d’avarice du retraité !

J’aurais bien aimé te développer le fond de cette histoire mais je préfère éviter la médisance afin de terminer mon histoire, bien plus belle qu’une histoire de quelques roupies. Ouais, j’ai écrits trois fois le même mot, la flemme de trouver des synonymes 😛

Revenons,

Donc, le plan B-a et finalement le plan B originel tomba lui aussi à l’eau puisque je n’ai même pas pris la peine d’aller voir le garage avec sa proposition aux ras des pâquerettes… ouste, allez ah….jacta….En route pour le Plan C… A suivre.

Mais avant, les dernières photos de Pondichery avec ici le temple du vieux quartier avec son Babar. Peuchère ! Les croyants se faisant baptiser à chaque offrandes dans la chebou.

La promenade du port de plage, une expo sur Clemenceau (intéressante)

Et le faubourg jouxtant le vieux quartier, séparé par les eaux usées toujours aussi noiratres avec l’odeur qui ne va pas bien.

De Lundi 11 à Mercredi 13 Février 2019

Jour de déménagement, 43 étapes, retour sur Mamallapuram. 100 kilomètres

Ce matin la, je prendrai un peu mon temps sur le trajet en passant devant la saline dont je n’avais pu visiter auparavant. La saveur du grain m’obligea a vider un petite bouteille de flotte pour la remplir…

Un village de pêcheur en dehors des sentiers battus. L’ultime barroudage pour le chameau ?

Puis Mamallapuram, le plan C, l’ultime étape ? L’ultime dernière chance de vente ? ……Roulement de tambour, le dénouement ? Ah ah !

Ah ! C’est vrai que la aussi, je ne t’ai pas raconté que lors de mon passage, la semaine dernière, entre deux visites culturelles, je n’ai pas chomé pour venter les mérites de mon fidèle destrier.

Telle une vendeuse de poisson, sans perruque, à la criée sur le vieux port de Marseille, en bas de la Canebière :

“Il est beau mon Chameau, il est beau ! Il est solide mon chameau ch’aponais…qui nen veut !”

Certains hindous ayant parfois du mal à comprendre l’accent du blanc bec parlant le roosbeeff à la sauce marseillaise version aiooooooooooli, tenteront de négocier “et tu le vends combien ton sushi ?”

  • Pas chèr mon fils, mais je ne vais pas le donner non plus….enfin, ça, c’était avant !

Finalement, c’est le propriétaire d’une guest house ayant parfaitement décrypté l’aioli qui lâchera une offre convenable pour tout le monde. Je la garderai sous le coude en plan C puisque je te le rappelle, j’étais déjà en contact avec un français qui avait répondu à mon annonce sur leboncoin….et, étant de parole, il avait la primeur.

Pour autant, ne dit on pas “un homme avisé en vaut deux” ? … J’ai donc bien fait !

C’est bon tu suis toujours le fil ? Sinon, tu le sais hein, te gènes pas, on nezzz entre nous, tu me demandes 😛

Donc, me voila de retour une semaine plus tard et me présente rapidos chez lui pour voir s’il est toujours intéressé ? Le gars de la guesthouse.

Putain cong, ca n’a pas trainé ! Echange de papiers, des sousous et hop, me voila a pieds définitivement ! La vache ! Ca surprend…

Une simple soustraction entre le compteur pris en photo lors de l’achat à New Delhi 88 jours plus tôt et ce jour de vente, donne un résultat de 11179 kilomètres en plus.

 

La soudaineté de la transaction est un peu difficile sur le moment car je suis à la fois content d’avoir trouvé acquéreur mais nostalgique de le quitter. Ce petit scooter 125 cm3 aura été d’une fiabilité et d’une robustesse bluffante. Pour un engin prévu pour la ville, il n’aura pas failli une seule fois. Pourtant, il aurait pu car ce périple ne fut vraiment pas un long fleuve tranquille, mais non, il est allé jusqu’au bout de mes envies…..

Il suffit de mater le trajet final pour s’en rendre compte !

Après la transaction, il ne me restera plus qu’à attendre le vol de départ depuis Chennai, programmé deux jours plus tard. Voici les dernières photos de ce carnet en Inde débuté le 16 Novembre 2018 pour finir le 13 Février 2019 en bord du golfe du Bengale avec ses surfers.

Ah, j’oubliais, quelques stats vite fait sur ce voyage c’est :

  • 88 jours de routes
  • 11179 kilomètres
  • 290 litres d’essence à 70 centimes d’euro/lit, en moyenne (j’ai tout noté !)
  • 43 hôtels
  • 3634 photos retenus
  • 4 bières en trois mois ! et autant de kilo perdus…

Bon bé voila, on y est, c’est la fin quoi ! Comment conclure ? Pffff, tu sais bien que je ne suis pas un littéraire et que les conclusions d’une histoire me sont toujours pénible à rédiger….

Ce ne fut pas de tout repos mais tellement de souvenirs me remontent à la surface à l’heure ou j’écris ce texte. Les paysages, les routes, les étapes, la culture et surtout toutes ces belles rencontres voulus ou moins car l’Indien est curieux, avenant, serviable, gentil, adorable etc et parfois moins, car on n’est pas dans un monde de “tout le monde il beau, il est gentil”, mais de toutes évidences, ce sont ces qualités qui ressortent.

L’exemple type qui résume à lui seul mes dires est mon ange gardien, celui qui m’a spontanément aidé lorsque je me suis retrouvé en bord de route avec le peuneu à plat…tu te souviens ? Je revois encore son visage derrière ses fausses Ray Ban aviator. Quel moment merveilleux !

Le fait de continuer à voyager sans gps, ni téléphone ont largement favorisé ces rencontres dans un monde ou tout est tellement dématérialisé, impersonnel. Parfois, j’aurais aimé consacrer plus de temps avec certains “gps locaux” vraiment sympa mais timing oblige, il fallait tracer la route.

Si tu ajoutes une Maguy colorée qui attire forcement l’oeil, alors la, c’est le pompompédeup you’ve got a pompédeup ! Surtout avec un peuple aussi curieux que l’Inde. Elle est ma chance en toutes circonstances…

Un nouveau chapitre “on two wheelers” se termine, vivement le prochain. Tu me demanderas sans doute pour Ou et quand ? Et je te répondrai No lo sé encore, j’ai bien sur une grande ambition à concrétiser mais entre temps…. à suivre !

Cela dit, l’aspiration principale est de toujours rouler ici et ailleurs, qu’importe l’engin pour l’assouvir. C’est l’esprit de ce blog qui se veut hétéroclite en la matière. Ne dit on pas que ce n’est pas la moto qui fait le motard ? En l’occurrence, tu noteras en premier lieu l’esprit toujours en quête de liberté dont il est impossible de se lasser, de se passer malgré l’autre face, qui fait partie intégrante de la vie d’un motard, beaucoup moins joyeuse. Celle qui traîne toujours en parallèle comme si elle n’attendait qu’un faux pas pour prendre l’ascendant.

C’est l’jeu ma pov’lucette.

C’est ce qu’on appelle les risques qui ne tiennent qu’à un fil ou plutôt, un réflexe. Celui la même qui ne s’acquière pas du jour au lendemain mais grace aux kilomètres engrangés et qui devient certainement instinctif, naturel au fil du temps. Alors tant qu’il perdure, que les capacités physiques sont la, profitons en car l’horizon n’attend que d’être parcouru par l’assoiffé d’aventure….

Voila, that’s all, je suis conscient que ce que j’écris est toujours autant brouillon mais je pense que l’essentiel est dit, c’est ce qui fait le style du blog. Une lecture à qui veut bien sans trop de fioriture et droit au but.

Enfin et avant de terminer sur une citation, un grand merci à touti pour vos commentaires qui m’encouragent toujours autant car si l’écriture, les corrections et la mise en page de mes carnets demandent pas mal de temps, au moins, je sais pourquoi je le fais si ce n’est pour mes mémoires.

« Vivre prudemment, sans prendre de risques, c’est risquer de ne pas vivre «  (Wladimir Wolf Gozin )

Namasté

Le zeb

7 Comments

  1. Eric V.

    BRAVO !
    Tu nous as encore régalé. Tu as réalisé un magnifique voyage et tu as su, encore une fois, nous le faire partager avec toute ta sincérité et ta bonne humeur. Ze me suis régalé 🙂
    Merci ami voyageur

  2. krys76

    – Comme d’hab, c’est toujours un réel plaisir de te lire, Tof. Je me souviens bien de ton périple vers Pondi en 2012, avec en tête, le même Babar (ou son frère) à l’époque… c’est du temps, où, depuis CSGT, nous suivions déjà, tes pérégrinations indiennes.
    A+ mon poulet.
    Bruno

  3. Montoya

    des temples, des vagues, du surf, et une vie en toute simplicité pour profiter de ces moments précieux !
    Quoi de mieux ?
    merci pour ton partage, tu mets du coeur à cet ouvrage, et le message passe je te l’assure✌️
    Termine bien ton trip, et reviens nous vite!

    la bise copain ✌️

  4. Valérie

    Que dire tellement c’est bon de voyager à travers tes récits et tes photos !?
    Ce dernier carnet de ton passage en Inde est magnifique ! Comme ça donne envie !
    Merci de nous faire partager,
    Namasté 🙂

  5. eymard

    Déjà fini !!!
    Ca va manquer de ne plus avoir de récits exotiques .
    Mais bientôt tu vas retrouver ton grand destrier orange et noir
    qui va te redonner gout à la vitesse (30 50 80 90 110 130 et puis c’est tout ) 😉
    Bon retour

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